Vivre à La Baule... beaucoup décèlent des signes de déclin
Quelles en sont les causes ?
Ecoutons les habitants
Découvrons le témoignage d'une personne agée qui vit au 4ème étage d'un immeuble situé en bord de mer:
« Je vis à côté de volets baissés 10 mois sur 12. Ma voisine de palier, femme seule également, est décédée au début de l’année. Une pancarte
atteste que l’appartement a été vendu par une Agence. «Ce sera du secondaire », m’a dit l’agent immobilier.
En effet, je constate, autour de moi, les changements de propriétaires. Ils partent : «L’hiver est trop long ici » disent-ils, ils préfèrent
habiter en ville. Ils ne sont pas remplacés. Depuis ces 3 dernières années où l’immobilier flambe, on n’achète pas pour louer mais pour un placement d’argent : ainsi, on baisse les volets. Je me
crois en pleine campagne : aucun bruit d’eau ni d’ascenseur.
Cet immeuble ayant été construit en 70 avant la crise du pétrole de cette époque, le chauffage est collectif. Tous les appartements sont
chauffés.C'est un gaspillage énergétique énorme. Je suis propriétaire de mon appartement que j’ai acheté en 1973 sur un prêt bancaire. Les charges locatives grimpent et souhaitant rester, je
surveille mon budget. »
Un baulois s'inquiète : « La Baule souffre d'une image désuette, de « ville de retraités », d'élitisme voire de parisianisme, et d'immobilisme que l'on peut
illustrer par deux images:
-
une, empruntée à l'opposition municipale socialiste « la belle au bois dormant »;
-
l'autre qui reflète l'opinion d'anciens baulois: « on est bien entre nous »
La gestion municipale, par ailleurs, est caractérisée par un manque dramatique d'ambition en particulier au plan de l'urbanisme.
Mais le problème le plus flagrant, c'est qu'il y a en fait deux La Baule, le bord de mer et l'intérieur, traitées de façon très
inégalitaire.
Quant au logement dit « social » où en sommes-nous ?
La situation est alarmante, d'autant que la notion d'itinéraire résidentiel n'est pas clairement définie.
Sur un plan général, si nous voulons éviter l'effet de fuite, nous devons définir précisément, dans Ies ensembles existants, grâce à la
restructuration urbaine, la façon dont nous allons faire en sorte de garder les gens chez nous pour qu'ils ne s'évadent pas.
Sur le plan social il faut leur proposer le logement adapté dans un environnement naturel, l'habitat qui va leur permettre de se maintenir dans le
tissu social de la commune avec des emplois à proximité.
A La Baule cet aspect important a été négligé et c'est particulièrement choquant. Certes, ce qui a provoqué ce problème, c'est le chômage, les
difficultés économiques des familles, éventuellement des difficultés culturelles. S'agissant du quota de logements sociaux imposé par la loi, nous savons qu'il prête à discussion, qu'il peut-être
manipulé.
Laissons parler un député qui participait à ce débat à l'Assemblée nationale:
« En quoi le taux de 20 % règIe-t-iI le problème de façon cohérente ? Si je suis maire
d'une ville qui ne respecte pas la loi, et donc le taux de 20 %, mais qui n'a pas envie de récupérer des profils un peu trop
difficiles, qu'est-ce que je fais ?
Eh bien, je construis 20 % de logements sociaux de type studio ou F2. Ainsi. j'évacue
le problème, et celui-ci restera toujours concentré dans les grands ensembles actuels. Il n'y a de place pour personne dans ces conditions. Le problème n'est pas négligeable; Si vous ne le réglez
pas, vous ne règlerez pas le problème de la mixité sociale. Car vous savez très bien que, lorsqu'une famille nombreuse habite dans un F4, on peut difficilement considérer que la vie est normale
dans leur environnement. »
Nous développerons cet aspect social que La Baule ne peut pas
occulter.
Dans ce contexte les projets actuels de la municipalité sont-ils cohérents?
Dans un ordre de priorité, oui en ce concerne une réponse aux besoins de logements
sociaux, mais encore faudrait-il qu'ils répondent à des critères cohérents.
Car pour l'accession à la propriété, quand on veut la démocratiser , on assiste à un
premier effet d'écrémage, dans les quartiers, qui contribue à une première couche de paupérisation. . Notre commune a une certaine image très résidentielle, plutôt haut de gamme, et mériterait
certes de petits ensembles de logements sociaux parfaitement adaptés, avec de chouettes équipements publics. Si l'on crée un îlot de 30000 m² en plein centre ville tous les citoyens de la commune
qui sont sur la voie de l'ascension sociale et qui supportent mal le quotidien seront candidats immédiatement; nous aurons donc droit à une deuxième couche de
paupérisation.
Quant à l'apport financier conséquent proposé par la commune (les contribuables) de
2000 € par m², il semble autant louable qu'incohérent si on se réfère à la clause anti-spéculative qui bloquerait la revente avec intérêts pendant 5 ans. Il est évident que la tentation de
revente serait trop forte et que l'argument selon lequel le prix du marché serait peut-être défavorable à cette revente ne tient pas. La commune serait bien partie pour perdre son pari au
détriment de nos finances.
Que dire encore, d'une manière générale, des choix d'implantations des futurs logements sociaux.
L'acquisition Avenue Marcel Rigaud à un prix raisonnable de deux terrains par voie de
préemption serait selon la Municipalité une bonne solution. On pouvait imaginer autre chose à cet endroit comme par exemple l'extension du cimetière. Mais la Municipalité fait un autre choix et
pense sans doute que c'est ce site qui convient pour des gens qui traversent une période difficile de recherche de logement. « C'est bon pour le moral... » Ce n'était pas très recherché
non plus à cause du voisinage immédiat de la voie ferrée. Le passage du train, la terre qui tremble régulièrement, c'est sans doute exitant... mais pour qui ?
Décidément, nos élus font-ils les meilleurs choix ? ...les opérations de prestige
incongrus comme les reclassements douteux. Où est le simple bon sens dans tout cela ?
Enfin, ne nous y trompons pas, peu a été fait lors des précédentes mandatures de nos
élus et ce réveil soudain n'est pas anodin... la crainte de sanction par les électeurs y est sans doute pour beaucoup.
Il est temps de remettre un peu d'ordre. Nous nous y
attacherons.
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Commentaire de JP :
Je souhaite réagir à l'article sur le logement social à La Baule.
Il parait louable de vouloir faciliter l'accession à la propriété de jeunes actifs à revenu moyen, par une subvention de 2000 Euros du m2. Encore faudrait-il se demander s'il s'agit de la
meilleure utilisation des deniers publics?
Or, que constate t'on?
Le quota de logement social à La Baule est inférieur à 5%, contre un objectif national à 20%, et que la commune paye en conséquence des pénalités chaque année.
Par sa localisation, le projet concerné ne présente aucun problème de commercialisation, et cette subvention va sans doute créer une poussée sur les prix affichés (hors subvention), dont
vont profiter les promoteurs.
Cette subvention va par ailleurs créer une deuxième couche de privilégiés dans une ville qui n'en manque pas.
La prétendue "clause anti-spéculative" est beaucoup trop courte pour constituer une réelle dissuasion à la spéculation. Au delà de la période initiale de 5 ans, sans bénéfice, il aurait fallu
prévoir une clause de rattrapage progressif des prix du marché sur une période complémentaire pouvant aller jusqu'à 10 ans (en fonction de l'évolution du marché).
Au total il paraitrait plus utile et urgent, d'investir les sommes prévues pour ce projet, dans le financement de logements sociaux proprement dits, et de réserver ce type de financement pour un
stade ultérieur, lorsque le quota de logements sociaux aura été significativement augmenté.
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